Céramiste et Sculpteur depuis 29 ans

Mon travail s'oriente à l'heure actuelle vers des sculptures issues de techniques différentes comme celles du Raku et celles du grès. A travers le raku, je recherche le jeu de matière et de textures autour des formes stylisées qui s'inscrivent dans le mouvement autour du corps humain. Par ailleurs, avec la technique du tournage, j'élabore des formes contemporaines autour de la sphère et du galet, ainsi que des coupes et des vases en grès, aux formes épurées tout en explorant l'émaillage.

Marion Roussel est céramiste et sculpteur depuis 29 ans. Tenaillée par une quête de l'essentiel, son parcours de céramiste l'a menée en 2000 vers la technique ancestrale de cuisson japonaise appelée le raku.

"Plusieurs stages chez Camille Virot m'ont permis d'explorer les métamorphoses des glaçures, de comprendre un état de matière", explique Marion Roussel

La sculpture en terre cuite puis émaillée est chauffée à 1 000 degrés, retirée du four avec des pinces, refroidie à l'air ou enfumée dans la sciure et enfin plongée dans un bain d'eau froide. Un voyage au cours duquel elle s'accidente, se craquelle, se vert de grise de façon tout à fait aléatoire. Toute l'initiative et l'attention à l'imprévu sont donc requises à cette instant. Avec un sens du risque et beaucoup d'intuition, Marion Roussel l'alchimiste, s'y entend pour que le hasard serve ses desseins.

Les "rupestres", ses sculptures aux formes élancées, dépouillées s'inscrivent autour du corps humain. La technique du raku les habille de textures et de matières que l'artiste choisit d'envisager comme une "qualité d'épiderme".

Frottées de réel, grâce au travail de l'eau de feu, ces sculptures intègrent la notion de glamour, "Precieusa", "Talon aiguille", "Oiseau de feu", "Fantasia style", "Miss Rubis". Personnages plein d'humour, convoqués pour un défilé de mode, ils arpentent un podium imaginaire dans la chatoyance de leur robe où jouent graphisme et écritures. Fantaisistes et drôles, ils épousent l'immédiateté de la mode tout en gardant leur ligne sobre et pure.

"Je veux les rendres vivantes, attirantes, qu'elles nous transportent, qu'elles nous donnent du plaisir, que chacun se les approprie et s'y retrouve un peu."

Paquita Paquin, journaliste de mode